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Karibu et Karibu Kinshasa vous adressent tous leurs voeux pour 2010


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PLAIDOYER INTERNATIONAL

1.Comment va l'Afrique sur le plan économique ?

L'OCDE et la Banque Africaine de Développement : optimisme officiel

Les travaux publiés en juin 2005 montrent que la croissance Africaine en 2004 a été la meilleure depuis 8 ans avec 5% de taux de croissance. Celui ci a perduré en 2005 et 2006. Cette croissance est due au prix élevé du pétrole et des métaux, aux bons résultats de l'agriculture, et à la poursuite de politiques macro économiques prudentes. Les meilleures performances ont été enregistrées dans les pays suivants: Ghana, Sénégal, Mozambique, Tanzanie, Ouganda. Les organisations soulignent la baisse significative de l'inflation: qui est passée de 42% en moyenne en 1994 à 7% en 2004 De nouveaux gisements de pétrole ont pu être mis en valeur : Angola, Guinée Equatoriale, Tchad

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Mais des difficultés importantes subsistent

La zone franc a été impactée par la vive appréciation de l'euro. L'Afrique de l'ouest a été affectée par la baisse des cours du coton et du cacao.L'essentiel de l'aide publique au développement est allée aux pays « bons élèves »: Ethiopie, Tanzanie, Mozambique Elle a été principalement distribuée sous forme d'aide d'urgence et d'annulation de la dette.


Les objectifs du millénaire pour 2015, décidés à l’ONU, ne seront pas tenus:

• Réduire de moitié la population qui souffre de la faim

• Obtenir un cycle complet d'étude primaire pour tous les enfants

• Obtenir égalité des sexes a tous les niveaux de l'enseignement

• Réduire de 2/3 le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

• Réduire de moitié la population exclue de l'accès durable à l'eau potable

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On enregistre peu de progrès dans la réduction du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté

L'afrique reste très vulnérable aux chocs internes:

pandémie Sida Malaria, sécheresse, inondations. Catastrophe humanitaire au Darfour, effondrement économique du Zimbabwe, conflits en Cote d'Ivoire, en RDC…


Ainsi qu'aux risques de chocs externes:

Ralentissement de l'économie mondiale, menacée par l'accumulation des déséquilibres (surchauffe chinoise, déficit américain), variation des coûts des matières premières, accords commerciaux internationaux défavorables (quota textile)

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Les points forts:

• Progrès dans la bonne gouvernance. Politique macro économique prudente

• Progrès de la transparence des recettes pétrolières. Inflation maîtrisée

• La démocratie a gagné du terrain, lorsqu'ils existent les contre pouvoirs favorisent la bonne gouvernance

• L'apaisement des conflits progresse. Le NEPAD (nouveau partenariat pour le développement africain) et l'Union Africaine jouent un rôle important en la matière.


Les points faibles:

• La corruption reste généralisée et dangereuse, elle augmente chez les pays pétroliers (Angola, Libye, Nigeria, Tchad)

• La faiblesse structurelle des finances publiques fait obstacle aux régulations macro économique

• Les PME constituent le chaînon manquant de l'économie africaine. Peu d'efforts ont été consentis pour améliorer l'environnement des entreprises privées (fiscalité, transports, réglementation, accès au crédit, incertitude politique, bonne gouvernance) qui permettraient à ces entreprises d'émerger.Les coopérations régionales restent limitées.

• Les exportations africaines sont particulièrement vulnérables. Essentiellement destinées aux marchés des E.U. et de l'U.E. elles seront touchées de plein fouet par la suppression des quotas à l'échelle mondiale.

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Les points faibles de l'aide publique occidentale:

• Les liens historiques et les intérêts stratégiques continuent de déterminer l'allocation des fonds, laissant pour compte certains pays.

• Les aides sont volatiles et ne s'engagent pas sur le long terme, compromettant la capacité des pays a entreprendre des investissements stratégiques.

• Les accords préférentiels consentis seront de portée limitée du fait de la suppression des quotas à l'échelle mondiale.


Les options à venir:

• Augmenter la flexibilité des taux de change, pour accroître la compétitivité des productions africaines.

• Diversifier les économies locales pour les rendre moins vulnérables aux fluctuations des matières premières.

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Le point de vue de Bruxelles

• L'écart se creuse entre l'Afrique et le reste du monde La situation est intenable.

• L'aide publique au développement de l'Europe devrait passer à 0;56% du PIB d'ici 2006, soit 20 Milliards d'euros annuels. La moitié de cette aide serait destinée à l'Afrique.

• Tous les engagement pris en matière d'eau, électricité, énergie, paix seront respectés.


Deux questions à l'Europe:

• Cette aide publique sera t'elle liée à l'ouverture des marchés comme l'annonçait récemment le négociateur de l' A.C.P  ?. Ce serait destructeur pour les pays particulièrement fragiles.

• Les conditions techniques et bureaucratiques de son utilisation permettront elles de consommer les crédits ? rien n'est moins sûr.


Et la France?

• Mme Girardin, Ministre de la coopération et du développement a annoncée que l'aide publique française au développement qui était de 0,31% en 2001 serait de 0,5% en 2006.

• Qu'un régime préférentiel dans les échanges serait réservée à l'Afrique.

• Une taxe sur les transports serait mise en place avec l'Allemagne pour financer la lutte contre les grandes pandémies (sida..) ce qui a été fait effectivement.

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2. Les échanges financiers Nord Sud

D’après l'intervention d'Arnaud Zacharie économiste au Centre National de Coopération au Développement (CNCD), Belgique, faite à l’université d’été du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID) en juillet 2006 et sur la base de quelques données de la banque mondiale

Pourquoi la dette des pays du sud a telle explosée ?

 

• Entre 1970 et 1980 le crédit sur le marché international était très avantageux (taux d’intérêt -3,4%) en raison de fortes liquidités disponibles en pétrodollars.

• Les pays du sud ont donc emprunté massivement, mais ces crédits étaient indexés sur le Dollar.

• En octobre 1979 les USA ont triplé le taux d’intérêt du Dollar pour contrôler leur propre crise. C’est ainsi que 100 pays se sont retrouvés en faillite. (Taux 1981 +19,9 % 1982 + 27,5 % 1983 + 17,4 %)

• Aujourd’hui la dette (publique et privée) des pays du sud atteint 2800 Milliards de Dollars

• Le FMI et la Banque Mondiale ont reprêté aux pays endettés pour leur permettre de rembourser leur dette, en échange d’une politique d’ajustement structurel imposée comportant : privatisation, libéralisation, austérité.

• En 20 ans les pays du sud ont remboursé sept fois leur dette et sont quatre fois plus endettés. La part des revenus qui sert a rembourser la dette est de 35% en cote d’Ivoire, 36% au Cameroun, 46% en Tanzanie.

• 80 pays sont aujourd’hui gravement handicapés et hors d’état de faire face à leurs besoins fondamentaux : accès à l’eau potable, aux soins, aux dépenses sociales.


Pourquoi les termes de l'échange se sont ils dégradés à partir des années 80 :

• La Banque mondiale a poussé 100 pays à acquérir des devises fortes par la monoculture d’exportation : au Bénin le coton représente désormais 84% de ses revenus, au Mali 47%.

• Les prix de vente de ces productions ont chuté sous l’effet de la surproduction générale.

• Le déficit est devenu structurel.

Résultat les pays pauvres ont aggravé leur dépendance.

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Comment les productions locales sont elle détruites ?

• Les politiques d’ajustement structurel imposent aux pays du sud de vendre leur production au prix du marché mondial, sans subventions, tandis que les pays occidentaux s’autorisent à vendre à l’exportation avec subvention.


Exemple de la vente du boeuf européen en Afrique en l'an 2000
Prix de vente en Europe 2,65 € le Kg
Prix de vente de la production locale en Cote d’Ivoire 1,84 € le Kg
Prix du bœuf européen exporté vers la Cote d’Ivoire après subvention 1,58 € le Kg

Résultat : des flux financiers massivement en faveur des pays du nord:

Pour chaque Dollar importé par les pays du sud, 1,06 $ est exporté réparti ainsi : 25c remboursement de la dette, 30c sortie des capitaux, 51c revenus des exportations suite à la dégradation des termes de l’échange.


Montants globaux du flux des capitaux (données citées dans la plateforme du CRID)
Remboursement annuel de la dette des pays pauvres du sud vers les pays riches du nord 300 Milliards de $
transfert net de fonds (incluant les échanges économiques) 354 milliards de $

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L’Europe n’est pas en reste pour contribuer au déséquilibre des échanges au travers des « conditionnalités » qu’elle impose en contre partie de son aide

Propos tenus au colloque de la Coordination pour l’Afrique de Demain CADE et de ENDA Tiers Monde, le 11 mai 2005

L' ancien Préfet de l’Ile de la Réunion s’est adressé au représentant de la commission Européenne, négociateur avec les 77 pays de l’ACP (les anciennes colonies Afrique Caraïbes Pacifique)

« Quand j’étais Préfet, j’ai vu arriver de métropole des fournitures scolaires, cet arrivage a détruit l’industrie locale des fournitures scolaires.
J’ai vu arriver des limonades de métropole, l’industrie des limonades a été détruite.
Qu’allez vous faire pour ne pas détruire les économies locales quand vous apporter une aide à ces pays ?
Réponse du négociateur: la position de l’Europe est évolutive.
Réponse du représentant de l’OCDE « quand le marché est d’intérêt local on impose une ouverture du marché à 60%, quand le marché est d’intérêt régional on impose une ouverture du marché de 80%, quand le marché est d’intérêt international on impose une ouverture à 100% ».

L’Europe s’aligne progressivement sur la doctrine libérale du libre échange entre riches et pauvres

D’après le rapport déposé devant l’assemblée nationale en juillet 2006 par Jean Claude LEFORT

Les « Accords de Partenariat Economiques- APE », en cours de négociation, et qui résultent de la convention de Cotonou de juin 2000 entre l’Europe et les 77 pays APC prévoient à partir de janvier 2008 de mettre fin aux accords non réciproques d’échange (qui laissaient un petit avantage aux pays du sud) et d’introduire progressivement le libre échange avec six régions regroupant ces pays, les accords non réciproques antérieurs ayant été peu productifs.

L’alignement des échanges commerciaux sur les règles libérales de l’O.M.C. ainsi envisagé est le pire qui puisse arriver, c’est mettre sur le même ring le poids plume et le poids lourd, c’est la ruine assurée pour les activités économiques et agricoles.


Télécharger notre rapport chiffré sur les échanges Nord-Sud

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4. Questions posées sur le FMI : Les principales conclusions du livre de Joseph E. STIGLITZ(1)

La politique du FMI sort de son analyse totalement discréditée, comme ayant été l’expression d’un tissus d’erreur d’appréciations,

de décisions, imprégnées de dogmatisme, d’autoritarisme dans les rapports avec les pays concernés,

et finalement comme ayant été l’expression très déterminée des intérêts privés,

des banques internationales et des spéculateurs internationaux, qui ont pu ainsi sauvegarder en partie leurs avoirs pendant les crises,

ou même s’enrichir au dépend des pauvres du monde.

D’un point de vue de l’activité économique elle a échouée dans l’essentiel de ses objectifs : ceux des équilibre macro économiques.

Elle a conduit de nombreux pays à la stagnation et à la récession, a aggravé l’instabilité mondiale,

a ruiné l’économie russe quelle contrôlait, a stimulé les comportements mafieux, a amplifié la crise asiatique et a conduit le monde,

à partir de cette crise, au bord de l’effondrement général. En Russie, avec la plaine coopération de l’équipe ETSINE,

40% du PNB a disparu en six ans capté pour l’essentiel par les oligarques astucieux et criminels.


Quelles ont été les erreurs économiques majeures du FMI ?

• Imposer partout dans le monde l’ouverture des marchés des capitaux, avec précipitation, et sans tenir compte de l’encadrement inexistant le plus souvent de ces marchés.

• Imposer un taux de change artificiellement élevé

Ces deux mécanismes ont eu pour effet de casser la croissance interne des pays et de détruire les systèmes financiers locaux,

de permettre la sortie des capitaux dans des conditions plus favorables.

Ils expliquent de façon simplifiées la source des catastrophes planétaire dont le FMI en dernière analyse porte la responsabilité essentielle.


Adossé à la toute puissance que lui conférait l’appui des Etats occidentaux, du G7, du Trésor américain, du système banquier international,

il a pu imposer cette politique erronée partout sur la planète à de rares exceptions prêt.

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Parmi ces exceptions :La Chine, qui a pu appliquer une méthode de transition vers l’économie de marché à son rythme, utiliser les méthodes classiques en économie et non néo libérales, exercer un contrôle des mouvements de capitaux étrangers.

Le plus grand des paradoxes c’est que ce contrôle loin de dissuader les capitaux étrangers, les a attiré grâce taux de croissance exceptionnel qu’a connu la CHINE pendant 20 ans de 10%. Leur montant a atteint plus de dix fois ce que la Russie a pu recevoir alors que le FMI la contrôlait largement.

D’un point de vue politique et social : Elle a aggravé les inégalités, s’est imposée avec le minimum de débat, et de fait s’est comportée en dictateur de la majorité des pays du sud, a affamée des peuples, en imposant la libéralisation des prix des produits de première nécessité, et conduit à des émeutes comme en Malaisie et en Argentine.

Elle a favorisé une hostilité majeure des pays du sud contre l’occident. Elle s’est révélée comme l’auxiliaire ardent de la politique élaborée sous le terme de « consensus de Washington » énergiquement défendu par le département du Trésor américain, soutenu par le G7 promu par Reagan et Thatcher,

et qui peut être qualifié comme l’idéologie d’un « fanatisme des marchés » contre les interventions de régulation des Etats souverains, et dissimulant à peine les intérêts privés.

D’un point de vue théorique économique : Elle a méconnu des principes élémentaire de l’économie, et ses apports les mieux établies,

elle s’est référée à des modèles archaïques d’interprétation, a été indifférentes a des aspects fondamentaux des politiques publiques (l’emploi, la pauvreté, la croissance). Fondée par Keynes, elle a ouvertement pratiqué une politique anti Keynésienne, elle s’est montrée indifférentes aux faits réels,

et a pratiqué le secret et le refus du débat publique, a affirmé des principes dont la justesse n’a jamais pu être démontrée. Elle a été l’expression pure du courant néo libéral qui a réussit à prendre le pouvoir dans les institutions internationales.


Les effets de cette politique : l’effondrement économique des pays d’Asie orientale :

Après trente ans de croissance foudroyante largement autofinancée, et conduite avec une grande maîtrise, l’ouverture imposée par le FMI des marché des capitaux des pays d’Asie a provoqué une crise majeure qui a détruit une partie du potentiel économique ainsi patiemment construit.

Les remèdes imposés par le moyen de la hausse des taux de change ont précipités la crise dans des profondeurs abyssales, menaçant les économies de toute la planète.


La tragédie de la transition Russe :

Le peuple russe a vu son pouvoir d’achat en même temps que le PIB du pays s’effondrer d’un tiers, (soixante pour cent pour l’Ukraine), tandis que l’essentiel des actifs passaient dans les mains des oligarques enrichis sans cause,

et qu’une partie du patrimoine ainsi privatisé quittait le sol russe, laissant le pays dans un état d’endettement colossal. La politique de renflouement imposée par le FMI en 1998, n’a eu aucun effet positif,

a aggravé la dette du pays à la charge des contribuables Russes, et c’est effondrée en quelque semaines, au grand profit des spéculateurs et oligarques.


(1) Joseph E. STIGLITZ, Prix Nobel d’économie, ancien économiste en chef du Président CLINTON,
ancien vice président de la Banque Mondiale, conseiller de l’économie chinoise
Son livre : « La grande désillusion » Fayard et Poche Essai éditeurs, 2003
Edition originale en Anglais: “Globalization and its discontents”W.W. Norton 2002
Karibu a fait un résumé de son livre en 20 pages disponible sur demande

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